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Chroniques sexologiques

Comment Survivre à une Infidélité ?

Comment Survivre à une Infidélité ?

Petite revue de la littérature scientifique concernant l’infidélité

Définition de l’infidélité :

D’abord, l’infidélité est un concept particulier à définir puisque chaque personne peut en avoir une perception différente. Les personnes qui font des thérapies de couple la définissent généralement comme pouvant être d’ordre sexuel et/ou émotionnel (Moller et Vossler, 2014; Mark et al., 2011). L’infidélité émotionnelle est liée à l’infidélité sexuelle puisque cette dernière infidélité est perçue comme l’investissement d’une nouvelle relation amoureuse et dépend de la première. L’infidélité est considérée comme un comportement mettant en danger la relation amoureuse primaire (Mark et al., 2011). Une étude a aussi fait état des différentes perceptions qu’ont les gens de certaines activités sexuelles. Plusieurs comportements sexuels comme la masturbation ou la fellation sont mis dans des catégories différentes de comportements sexuels. Certains couples voient les histoires d’une nuit comme de l’infidélité alors que d’autres non, puisqu’à ce moment-là, l’infidélité n’était pas d’ordre émotionnel.

La fellation est perçue par peu de jeunes comme une relation sexuelle alors que, pour beaucoup, cette même fellation est perçue comme de l’infidélité (Moller et Vossler, 2014).

Pour d’autres auteurs, l’infidélité peut aussi être exprimée par des actes non sexuels avec quelqu’un d’autre que son partenaire. En effet, partager un secret, « flirter », entreprendre une conversation par message texte ou via Internet, chaque soir avant d’aller au lit, peut être perçu comme une forme de trahison chez le couple (Morgan-Docan et Docan, 2007). Aussi, pour certaines personnes, le fait d’embrasser une autre personne que son partenaire est considéré comme une forme de trahison (Morgan-Docan et Docan, 2007)

Sentiment ressenti à la suite d’une infidélité…

Millers et Maner (2008) ont montré que les femmes et les hommes peuvent vivre différemment l’infidélité de leur partenaire. Les hommes seraient plus enclins à ressentir de la colère et à adopter des comportements violents tandis que les femmes ressentiraient de la tristesse et chercheraient plus de support. Les partenaires de sexe féminin ressentiraient tout de même de la colère, mais moins que les hommes et ces derniers éprouveraient de la tristesse, mais moins que les femmes. Les femmes sentiraient aussi de la détresse suite à l’infidélité puisqu’elles auraient l’impression de perdre complètement toutes les ressources que leur partenaire leur apportait comme l’amour ou la sécurité (Bird et al., 2007; Miller et Maner, 2008). Les femmes vivraient plus mal l’infidélité émotionnelle que les hommes (Miller et Maner, 2008; Varga, Gee et Munro, 2011). La colère et la violence des hommes ressenties à la suite d’une infidélité seraient plus souvent dirigées vers la personne avec qui leur partenaire les aurait trompés. Cependant, cette colère et cette violence seraient rarement dirigées vers la femme puisque la violence envers les femmes est beaucoup moins acceptée dans notre culture (Miller et Maner, 2008).

Pour l’homme et la femme, une grande détresse peut être ressentie à la suite d’une infidélité. Beaucoup ressentiraient de la douleur, de la honte, se sentiraient responsables et auraient des symptômes de dépression. Ces personnes pourraient aussi avoir une mauvaise estime d’elles-mêmes et une perte de confiance envers l’autre partenaire. Plusieurs auraient ruminé, ressenti une surexcitation, fait de l’anxiété ou supprimé leurs émotions (Bird et al., 2007, Leeker et Carlozzi, 2014; Sabini et Green, 2004).

Les personnes ayant une bonne habileté à comprendre les autres et à rester calmes sauraient également mieux gérer leurs émotions lors d’une infidélité (Heintzelman et al., 2014).

Selon l’étude de Hall et Fincham (2009), les personnes ayant trompé leur partenaire ressentiraient plus de détresse que celles n’ayant pas trompé leur partenaire. On retrouverait chez elles des symptômes dépressifs et un bien-être moins élevé que les autres individus. La honte, le remord, l’évitement et un bas niveau de pardon personnel seraient des émotions et des comportements vécus par les personnes ayant été infidèles avant de l’avoir avoué à leur partenaire. Ceux dont leur partenaire commet l’infidélité sont plus à risque de ressentir une grande détresse.

Réaction à la suite d’une infidélité

Une décision rapide de rupture est souvent prise à la suite d’une infidélité pour pouvoir échapper au trauma et bâtir un nouveau couple stable ailleurs. Cependant, c’est à travers un long processus que la guérison d’une infidélité se fait. Cette guérison aurait sept étapes : l’exploration de ses émotions, l’expression de ses émotions au partenaire, le développement d’une empathie, l’adoucissement de ses émotions, l’acceptation de sa responsabilité et la réduction du blâme, l’établissement de nouvelles responsabilités et la restauration de la confiance (Bird et al., 2007). Selon l’étude de Heintzelman et al. (2014), la chance de se faire pardonner à la suite d’une infidélité n’est pas liée au trauma de son partenaire. Le trauma du partenaire diminuerait avec le processus du pardon. Ceux ayant un plus grand niveau de différenciation dans l’étude des chercheurs ont rapporté une plus grande facilité à pardonner et un moins grand trauma que ceux ayant un bas niveau de différenciation.

De plus, dans l’étude de Kuroki (2013), les femmes victimes d’infidélité ont plus eu tendance à quitter leur conjoint rapidement que les hommes victimes d’infidélité. Comme la santé reproductive de la femme décline plus rapidement que celle des hommes, les femmes ressentiraient un plus grand besoin de refaire leur vie rapidement avant qu’il ne soit trop tard. Pour les hommes, leur santé reproductive reste stable presque toute leur vie. Selon l’étude d’Abrahamson et al. (2012), la décision de rester ensemble suite à une infidélité peut être motivée par plusieurs raisons. Le fait d’avoir des enfants, d’être copropriétaires d’une maison et le temps investi dans la relation sembleraient être les principales sources de motivation. À la suite d’une infidélité, les femmes tenteraient de joindre des sources de support comme des amis ou la famille. Ces amis seraient aussi perçus comme un moyen d’acquérir certaines ressources suite à la perte de nombreux privilèges liés à la fin d’une relation amoureuse. Les femmes peuvent aussi partir à la recherche d’un nouveau partenaire amoureux, mais la recherche d’amis est la source de support la plus utilisée à court terme (Miller et Maner, 2008; Abrahamson et al., 2012).

Cependant, les résultats de l’étude d’Abrahamson et al. (2012) ont exposé que certaines femmes appréhenderaient le jugement de leurs proches et qu’elles se sentiraient obligées de se justifier lorsqu’elles pardonnaient l’infidélité de leur partenaire. En effet, le pardon de l’infidélité ne ferait pas partie des normes de notre société.

Une recherche de Vossler et Moller (2014) menée sur les effets de la thérapie suite à l’infidélité a démontré que les couples qui entreprenaient une thérapie auraient développé une relation plus profonde et démontreraient une plus grande ouverture à l’autre. Les couples étaient plus sensibles aux émotions de leur partenaire.

Facteurs liés à l’infidélité

D’abord, il semblerait que les femmes soient moins portées à avoir des liaisons extraconjugales que les hommes (Kuroki, 2013; Lammers et al., 2011). Cependant, les femmes seraient plus souvent infidèles lorsque leurs relations amoureuses et sexuelles leur déplairaient (Mark et al., 2011). Il n’y aurait pas de différences au sein des diverses nationalités en lien avec une plus grande propension d’infidélité (Kuroki, 2013; Mark et al., 2011). Aussi, selon les mêmes auteurs, les divorces ne seraient pas nécessairement liés à l’infidélité, mais plutôt aux facteurs qui auraient causé l’infidélité. Ceux ayant une liaison extraconjugale auraient au départ un mariage qui est moins heureux. L’infidélité serait en lien avec une relation amoureuse pauvre, particulièrement lorsque l’infidélité serait commise par une femme (Kuroki, 2013; Mark et al., 2011; Hall et Fincham, 2009).

En outre, les personnes ayant un trouble d’excitation sexuelle auraient plus tendance à être infidèles (Mark et al., 2011). Selon ces auteurs, ces personnes ressentiraient moins de pression à performer sexuellement avec une personne à laquelle elles ne sont pas attachées émotionnellement. Il se pourrait aussi que ces personnes veuillent évaluer leur trouble d’excitation avec un autre partenaire pour mieux comprendre ce qui les excite. Les hommes et les femmes qui seraient les plus influencés par leur humeur rapporteraient un plus grand risque d’être infidèles. Ceux ayant une humeur négative auraient aussi tendance à être infidèles pour améliorer leur état émotionnel (Hall et Fincham, 2009; Mark et al., 2011). L’infidélité pourrait aussi survenir à la suite d’une période difficile ou d’un événement négatif tel que le décès d’un proche ou des difficultés financières combinées à de l’anxiété (Abrahamson et al., 2012). De plus, le fait de recevoir de l’attention romantique ou sexuelle de la part d’une personne qui n’est pas son partenaire améliorerait l’estime personnelle et rassurerait la personne (Hall et Fincham, 2009). Pour d’autres, avoir une humeur positive augmenterait la sensation d’être invulnérable aux conséquences de leurs actes et les mèneraient à avoir des comportements sexuels à risque (Mark et al., 2011). L’impulsivité augmenterait aussi le risque d’être infidèle (Shackelford et al., 2008).

Consulter un sexologue, seul ou en couple, peut permettre de traverser l’épreuve qu’est l’infidélité, autant pour la personne qui as été infidèle que pour la personne qui as été trompé. L’infidélité est souvent un symptôme d’un couple qui à la base avait ses propres difficultés. Travailler sur ses difficultés peut ramener l’équilibre dans le couple. C’est parfois au travers d’un long processus en thérapie qu’une infidélité peut être pardonné, ou du moins, que l’infidélité n’entache pas les relations suivantes. Contact

Jade Cousineau

Sexologue B.A. Relation d’aide à Blainville

BIBLIOGRAPHIE

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Green, J. D., Burnette, J. L. et Davis, J. L. (2008). Third-Party Forgiveness: (Not) Forgiving Your Close Other’s Betrayer. Personality and Social Psychology Bulletin, 34(3), 407–418. http://doi.org/10.1177/0146167207311534

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