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Chroniques sexologiques

Comment se Développe la Sexualité de l’Adolescent et du Jeune Adulte ?

Comment se Développe la Sexualité de l’Adolescent et du Jeune Adulte ?

Le développement d’une sexualité à l’adolescence jusqu’à l’âge adulte émergent. Des continuités et des différences.

L’adolescence est un moment de passage entre la dépendance de l’enfance et l’autonomie de l’âge adulte. C’est au moment de l’adolescence que se forme l’identité à partir des identifications que le jeune fait au cours de sa vie. Chaque identification est triée et le jeune garde en lui celles auxquelles il s’identifie. Ce processus est aussi appuyé par la société, comme la famille, qui reconnait le jeune comme ce qu’il est (Erikson, E. 1993). Chaque nouvelle expérience que le jeune fait influence son identité ou d’autres limites de lui-même. Ainsi, en construisant son identité, le jeune voit le monde à sa façon et l’interprète selon lui (Cloutier, R et Drapeau, S. 2008). Selon Marcia, au début de l’adolescence, le jeune aurait une identité diffuse sans intérêt spécifique. Puis grâce à l’exploration et à l’engagement, l’adolescent et l’adulte émergent développeraient graduellement leur propre identité jusqu’à atteindre parfois l’identité achevée (Marcia, J. 1966).

Ainsi, l’adolescent peut développer son identité à travers ses relations amoureuses. Il existe certaines différences de genre quant aux développements de l’identité. Les filles auraient plus tendance à construire leur identité à travers les relations interpersonnelles tandis que les garçons construisent leur identité à travers l’indépendance et la réussite sociale. Il est donc normal à l’adolescence que le garçon ait des comportements à risque pour se séparer du cadre de sécurité habituelle et ainsi développer son indépendance. Il va aussi utiliser les comportements à risque pour développer son cercle social et gagner le respect de ses pairs. En conséquence, le jeune peut adopter des comportements sexuels à risque pour gagner en popularité (Michel, G. et Al. 2006). Aussi, les comportements à risque seraient liés au fait que les adolescents n’auraient pas encore développé à son maximum leur cortex préfrontal responsable des actions dirigées vers un but (Sowell, E. et Al. 1999). Ils n’auraient pas en tête toutes les conséquences futures possibles durant un comportement à risque comme le non-port du condom…

Les mauvaises habitudes prises à l’adolescence auraient tendance à s’aggraver à l’âge adulte émergent (Harris et Al., 2006). C’est pourquoi il faut miser sur de saines habitudes de vie dès l’enfance pour encourager les jeunes à l’utilisation de moyen de contraception. Aujourd’hui, le nombre d’enfants par foyer est moins grand et les parents sont moins présents à la maison. Les jeunes ont donc moins d’agents de socialisation familiale. Cette perte d’agent de socialisation familiale est compensée par l’école, les amis, les pairs et surtout les médias sociaux.

Les jeunes sont constamment stimulés par les médias sociaux qui arrivent de partout. Il peut alors adopter des comportements vus dans les médias sociaux qui sont contraires aux valeurs familiales.

Durant l’adolescence, le corps se développe. Les premières menstruations et les premières éjaculations nocturnes représentent l’achèvement de la puberté. Les adolescents qui entrent dans leur puberté tardivement ou précocement développeraient plus de problèmes selon la théorie « lifespan ». La puberté précoce amène plus de problèmes, car l’adolescent commence à avoir des comportements à risque plus tôt dans sa vie. Il acquiert cependant une certaine popularité, car ses caractères sexuels secondaires se sont développés avant les autres jeunes. Inversement, avoir une puberté tardive amène des problèmes d’ordre psychologique dû à une faible popularité et une pauvre image de soi. Il est donc plus facile pour un jeune de se développer en même temps que ses autres camarades, car il vivra ses expériences de vie au même moment que les autres jeunes (Baltes, P. 1987).

La moitié des jeunes aura leur première relation sexuelle avant l’âge de 17 ans. Cependant, cela ne signifie pas que l’étudiant de secondaire 2 qui a déjà eu une relation sexuelle est actif sexuellement. Selon une étude, seulement 15 % des élèves de secondaire 5 qui rapportent être actifs sexuellement n’ont eu qu’une relation sexuelle.

La première relation sexuelle est vécue différemment chez les hommes que chez les femmes. Pour les hommes, la perte de sa virginité est vue comme un rite de passage pour devenir un homme tandis que pour la femme, la perte de sa virginité est vécue avec plus d’ambivalence (Holland, J. et Al. 2010 et Tolman, D. 2005). Aussi, à l’adolescence, les jeunes ont de la difficulté à séparer l’amitié de l’amour. Ils vont être portés à demander verbalement au partenaire s’ils sont dans une relation amoureuse. Les jeunes vont aussi plus porter à avoir leurs premières relations sexuelles dans un cadre amoureux, puis rendu à l’âge adulte émergent, les relations sexuelles sont faites dans un cadre plus libre sans nécessairement la présence de sentiment. Les jeunes ont aussi tendance à croire que leur relation amoureuse va durer longtemps. Ils se permettent de construire des projets de vie avec quelqu’un. L’adolescent peut même passer 12 h par semaine à penser à leur chum ou leur blonde. En moyenne, plus l’adolescent vieillit, plus sa relation amoureuse va durer longtemps. C’est aussi à cause de cela que les méthodes contraceptives vont évoluer dans le temps. Au début de l’adolescence, le condom sera plus populaire. Puis vers la fin de l’adolescence, la pilule contraceptive sera de plus en plus utilisée due à des relations amoureuses de plus en plus longues (ISQ, 2012). À l’âge adulte émergent, le type de relations sexuelles sera influencé par la fréquence du contact, le type de contact, l’ouverture à l’autre partenaire, la clarté du type de relation voulu et du type d’amitié qui lie les deux personnes. Aussi, l’adulte émergent explore son identité, vie de l’instabilité parfois amoureuse, il se concentre sur ses objectifs, il est optimiste quant aux futurs et il a parfois le sentiment de ne plus être un adolescent sans toutefois être un adulte (Tanner, J.L. et Arnett J.J. 2011)

Jade Cousineau

Sexologue B.A. Relation d’aide à Blainville

Bibliographie :

Baltes, P. (1987). Theoretical propositions of life-span developmental psychology: On the dynamics between growth and decline. Developmental Psychology, 23(5), pp.611-626.

Cloutier, R. and Drapeau, S. (2008). Psychologie de l’adolescence. Montréal : G. Morin.

Erikson, E. (1993). Childhood and society. New York : Norton.

Harris, K., Halpern, C., Smolen, A. and Haberstick, B. (2006). The National Longitudinal Study of Adolescent Health (Add Health) Twin Data. Twin Research and Human Genetics, 9(06), pp.988-997.

Holland, J., Ramazanoglu, C., Sharpe, S. and Thomson, R. (2010). Deconstructing virginity”young people’s accounts of first sex. Sexual and Relationship Therapy, 25(3), pp.351-362.

Marcia, J. (1966). Development and validation of ego-identity status. Journal of Personality and Social Psychology, 3(5), pp.551-558.

Michel, G., Purper-Ouakil, D. and Mouren-Simeoni, M. (2006). Clinique et recherche sur les conduites à risques chez l’adolescent. Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence, 54(1), pp.62-76.

Pica, L. A., Leclerc, P., & Camirand, H. (2012). Comportements sexuels chez les élèves de 14 ans et plus. In Institut de la statistique du Québec (Ed.), L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé physique et leurs habitudes de vie, Tome 1 (pp. 209–227). Québec : Gouvernement du Québec.

Sowell, E., Thompson, P., Holmes, C., Jernigan, T. and Toga, A. (1999). In vivo evidence for post-adolescent brain maturation in frontal and striatal regions. Nature Neuroscience, 2(10), pp.859-861.

Tanner, J.L., & Arnett, J.J. (2011). Presenting emergingadulthood: What makes it developmentally distinctive? Dans « Debating emerging adulthood; Stage or process? »(J.J. Arnett, M. Kloep, L.B. Hendry, & J.L. Tanner, Eds.). New York : Oxford.

Tolman, D. (2005). Dilemmas of desire. Cambridge, MA : Harvard University Press.

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